Fritz Jean : prophète du chaos ou faiseur de divisions ?

Fritz Jean : prophète du chaos ou faiseur de divisions ?

Le 7 août, Laurent Saint-Cyr deviendra le nouveau coordonnateur du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), conformément au principe de présidence tournante établi à la création du Conseil. Fritz Alphonse Jean continuera d’y siéger, mais ne sera plus la voix dominante de l’organe exécutif transitoire.

À entendre parler Fritz Jean, on croirait que le CPT fonctionne comme une présidence individuelle. Il s’exprime comme s’il en détenait seul la vision, l’autorité, voire la légitimité. Il oublie que le Conseil est une instance collégiale, où les décisions sont censées se prendre à plusieurs, dans l’écoute et la concertation.

À l’approche de la passation, Fritz Jean multiplie les alertes dramatiques et les prédictions sombres. Il affirme que ses mises en garde reflètent les préoccupations de la population. Pourtant, qui lui a donné ce mandat ? Il oublie qu’il a été hué au Cap-Haïtien lors de la fête du drapeau, le 18 mai dernier. Ce jour-là, la foule lui a clairement signifié son rejet. S’emportant contre elle, il s’est déchargé de toute responsabilité dans la situation actuelle.

Au lieu d’un bilan responsable, il préfère semer le soupçon autour d’un prétendu contrôle de l’État par le secteur privé. Une critique à peine voilée contre l’équilibre à venir entre la Primature, assurée par Alix Didier Fils-Aimé, et le CPT bientôt dirigé par Laurent Saint-Cyr.

Ce dont Haïti a besoin aujourd’hui, ce n’est pas de polémiques stériles ni de leaders amers, mais d’une transition concentrée sur l’essentiel : rétablir la sécurité, créer les conditions d’élections crédibles et poser les fondations d’un véritable retour à l’ordre démocratique.

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