Éditorial : Non, le secteur privé n’est pas le bourreau de la nation
Non, le secteur privé n’est pas le bourreau de la nation
Depuis quelque temps, on entend de plus en plus de voix accuser le secteur privé haïtien d’être responsable de tout ce qui va mal dans le pays. Certains vont jusqu’à dire que c’est lui qui empêche le changement, qui bloque les réformes, qui trahit le peuple. Ce discours, aussi bruyant soit-il, passe à côté de la réalité.
Soyons clairs : ce ne sont pas les entreprises qui dirigent le pays. Ce ne sont pas les investisseurs qui nomment les ministres, qui rédigent les lois ou qui décident de la politique de sécurité. Ce ne sont pas non plus les chefs d’entreprise qui, pendant des décennies, ont promis le changement pour ensuite plonger le pays dans la confusion et l’instabilité.
Le secteur privé n’est pas parfait. Il a ses défauts, ses erreurs, ses zones d’ombre. Mais il faut avoir l’honnêteté de reconnaître qu’il tient encore debout dans un pays qui s’effondre. Malgré les menaces, malgré les blocages, malgré la peur, il continue de produire, d’employer, de payer des taxes, de faire fonctionner ce qu’il reste d’économie.
Pendant que certains s’enferment dans des discours faciles, les entrepreneurs, petits ou grands, essaient tant bien que mal de garder leurs activités vivantes, de protéger leurs employés, de croire encore à un avenir ici. Ce n’est pas eux qu’il faut affaiblir. Ce n’est pas en attaquant ceux qui travaillent qu’on va relever Haïti.
Il est temps d’arrêter ce jeu dangereux. À force de chercher des coupables, on oublie de chercher des solutions. Le pays a besoin de tout le monde : des politiques honnêtes, des entrepreneurs engagés, des jeunes motivés, de la diaspora, de la société civile. Il a surtout besoin d’un minimum de vérité et de respect entre ceux qui veulent avancer.
Le secteur privé n’a pas vocation à faire de la politique. Mais il ne peut plus rester silencieux pendant qu’on l’accuse injustement. Ce n’est pas de l’orgueil, c’est une question de survie. Haïti n’a plus le luxe de gaspiller ses forces. Il faut arrêter de diviser et commencer à construire. Ensemble.
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