Moïse Jean-Charles ou l’art de perdre le sens de l’État
Moïse Jean-Charles ou l’art de perdre le sens de l’État
Moïse Jean-Charles, il est grand temps que vous entendiez cette leçon essentielle. Ce matin, sur les ondes d’une radio de la capitale, vos propos ont illustré une fois de plus une dérive préoccupante : vous semblez avoir perdu tout sens de l’État, tout respect pour l’idée même de responsabilité publique.
En pleine période d’instabilité et d’attente citoyenne, vous avez choisi de vous livrer à un exercice malheureux de division raciale. Parler de « noirs » et de « mulâtres » pour commenter la direction du pays est non seulement archaïque, mais dangereux. C’est une insulte à l’intelligence collective et à la mémoire d’une nation fondée sur la lutte contre l’oppression, quelle qu’en soit la forme.
Vous prétendez incarner la gauche, mais vos mots trahissent les principes fondamentaux que cette sensibilité politique porte : égalité, solidarité, justice sociale. Aucune de ces valeurs ne trouve sa place dans vos interventions teintées de rancune et d’obsession identitaire. Ce n’est pas cela, faire de la politique ; ce n’est pas cela, être un homme d’État.
En refusant de prendre au sérieux les alertes lancées par le Département d’État américain sur l’existence de complots visant à fragiliser les institutions haïtiennes, vous participez à un dangereux aveuglement. Vous niez ce que tout le monde voit, comme si le chaos vous convenait davantage que l’ordre.
Et que dire de vos propres responsabilités ? Vous admettez que le ministère de l’Agriculture, attribué à votre formation politique, n’a exécuté que 10 % de son budget. C’est un échec flagrant. Une gifle à des milliers de paysans qui attendent, eux, des résultats concrets, pas des discours creux.
Pendant que d’autres cherchent tant bien que mal à rétablir un minimum de stabilité, vous préférez l’agitation, les postures, les micro-querelles médiatiques. Mais le pays n’a plus le luxe de vous suivre dans ce théâtre permanent. Il réclame des actes, du sérieux, de la maturité.
Moïse Jean-Charles, vous aviez une tribune. Vous auriez pu vous en servir pour apaiser, rassembler, construire. Vous avez préféré cliver, opposer, diviser. Ce n’est pas simplement regrettable. C’est indigne.
Diplômé en journalisme et communication, chef de projet PM4, PDG du Journal Le Louverture


