BINUH : 83 exécutions extrajudiciaires attribuées au commissaire Muscadin depuis 2022
BINUH : 83 exécutions extrajudiciaires attribuées au commissaire Muscadin depuis 2022
MIRAGOÂNE — Le commissaire du gouvernement de Miragoâne, Jean Ernest Muscadin, continue d’agir en toute impunité. Selon le rapport trimestriel du BINUH, il a revendiqué 27 exécutions extrajudiciaires entre avril et juin 2025, portant à 83 le nombre de personnes tuées par ses soins depuis 2022.
Muscadin affirme cibler des « membres de gangs » ou des criminels présumés. Mais ses méthodes brutales, sans procès ni enquête, violent gravement les principes de l’État de droit. Les victimes, arrêtées sommairement ou livrées par la population, sont souvent exécutées publiquement, sans jugement.
Les actes de Muscadin ont lieu principalement dans les communes de Fonds-des-Nègres, Miragoâne, Les Cayes et Saint-Louis-du-Sud, transformant certaines localités en zones de non-droit, où la justice s’exerce à la machette ou au revolver.
En octobre 2024, deux rapporteurs spéciaux de l’ONU ont interpellé le gouvernement haïtien sur ces pratiques. À ce jour, aucune mesure concrète n’a été prise. Muscadin continue d’exercer ses fonctions, en dépit des dénonciations d’organisations de droits humains locales et internationales.
Cette situation illustre une crise plus large : l’effondrement du système judiciaire haïtien, la perte de confiance envers les institutions, et le recours croissant à la “justice populaire”. En l’absence de réponse de l’État, certains voient en Muscadin un justicier, d’autres un symbole inquiétant de dérive autoritaire.
Les Nations Unies appellent à mettre fin immédiatement à ces exécutions sommaires et à poursuivre les auteurs, y compris les représentants de l’État. Mais sans volonté politique réelle, Muscadin semble destiné à rester, pour l’instant, au-dessus des lois.
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