Transition politique : la Voix collégiale du Grand Sud et des Palmes propose une dernière étape de 18 mois avec maintien du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé

Transition politique : la Voix collégiale du Grand Sud et des Palmes propose une dernière étape de 18 mois avec maintien du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé

Port-au-Prince, 17 janvier 2026 – À moins d’un mois de l’échéance du 7 février 2026, qui marque la fin du Conseil présidentiel de transition (CPT), Haïti se retrouve face à l’urgence d’un choix politique clair pour assurer la continuité de l’État et éviter un nouveau vide institutionnel.

Dans une proposition publiée ce vendredi, la Voix collégiale du Grand Sud et des Palmes (VoCoGraS-RP), plateforme regroupant trente-huit partis politiques et organisations socioprofessionnelles, recommande une période transitoire de 18 mois sous l’autorité du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, dans l’objectif de dépasser l’impasse institutionnelle actuelle. La plateforme est dirigée par Jean David Genesté, ancien député, qui en assure la coordination politique.

La proposition dresse un constat sévère, pointant principalement les limites du Conseil présidentiel de transition (CPT). Selon la Voix collégiale, la structure collégiale de cet organe, composé de neuf membres appelés à décider par consensus, a contribué à la paralysie institutionnelle et à l’incapacité de créer les conditions minimales pour la sécurité, les réformes de l’État et l’organisation d’élections crédibles.

« Près de 56 mois se sont écoulés depuis les événements du 7 juillet 2021, sans retour à l’ordre constitutionnel », souligne le document, qui estime que le modèle collégial du CPT a atteint ses limites, malgré la bonne volonté de certains de ses membres.

Pour sortir de cette impasse, la Voix collégiale s’appuie sur l’Article 149 de la Constitution, qui prévoit qu’en cas de vacance présidentielle, le pouvoir exécutif est exercé par le Conseil des ministres sous la direction du Premier ministre. La plateforme propose ainsi de confier les rênes du pays pour une période de 18 mois à Alix Didier Fils-Aimé, assisté d’un gouvernement de consensus à dominante technocratique, avec pour objectif central la préparation d’élections libres, crédibles et transparentes.

La proposition prévoit également la mise en place d’une instance spéciale de suivi indépendante, chargée de contrôler l’application des décisions publiques, d’évaluer l’avancement des réformes et de formuler, si nécessaire, des recommandations correctives.

Huit chantiers prioritaires sont identifiés : la professionnalisation de la Police Nationale d’Haïti, le renforcement des Forces Armées d’Haïti, la réforme du système carcéral, la mise en œuvre d’une politique sécuritaire ferme, la justice et la lutte contre le financement du crime organisé, les réformes institutionnelles, l’organisation d’élections crédibles et un suivi gouvernemental rigoureux avec un calendrier public des actions.

Dans ce contexte, les efforts engagés par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé pour combattre les gangs, restaurer progressivement la sécurité et maintenir un minimum de stabilité sont perçus par les signataires comme un levier essentiel pour remettre le pays sur la route démocratique. Selon la Voix collégiale, cette transition pilotée par l’exécutif actuel représente une option réaliste et responsable pour assurer la continuité de l’État et créer les conditions nécessaires à un retour à l’ordre constitutionnel par les élections.

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