Le micro hors-la-loi
Quand la parole journalistique devient une arme d’intimidation et de manipulation.
Chaque jour, des voix montent à la radio ou sur Internet pour critiquer, insulter, menacer. Non pas avec la rigueur d’un journaliste, mais avec la violence d’un chef de gang frustré. Ils ne proposent rien, ne construisent rien, mais parlent comme s’ils gouvernaient.
Certains vont plus loin encore. Ils s’arrogent un pouvoir qu’aucune loi ne leur reconnaît. Ils donnent des ordres à la police en direct, exigent la démission de ministres, convoquent des fonctionnaires comme s’ils étaient juges et maîtres du pays.
Il y a même un directeur d’un média en ligne qui, sans aucune légitimité, utilise les moyens de l’État comme s’ils lui appartenaient. Il n’a reçu aucun mandat légal, n’a été élu par personne, et pourtant, il se comporte comme une autorité nationale.
Ce n’est pas du journalisme. C’est une prise d’otage de la parole publique. Une menace directe contre la démocratie.
Ils ne servent pas le peuple. Ils entretiennent la peur et la confusion. Ce ne sont pas des défenseurs de la liberté d’expression, mais des intimidateurs, des imposteurs.
S’ils trouvent une audience, c’est parce que l’État est faible et que le journalisme responsable est trop souvent marginalisé.
Il ne suffit plus de dénoncer. Il faut remettre les choses à leur place. Un journaliste n’est ni juge, ni commissaire, ni ministre de l’ombre. Sa mission est d’informer avec rigueur, de questionner avec courage.
Le micro n’est pas un trône. C’est une responsabilité. Et elle ne se vole pas. Elle s’honore.
Diplômé en journalisme et communication, chef de projet PM4, PDG du Journal Le Louverture


