L’Ambassade des États-Unis en Haïti relaie la position du BINUH sur le décret électoral, un CEP de plus en plus contesté
Port-au-Prince, 4 juin 2026 – Le nouveau décret électoral continue de susciter des réactions au niveau international, dans un environnement où les partenaires d’Haïti multiplient les signaux d’encouragement en faveur de la relance du processus électoral.
Le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) a salué la promulgation du nouveau décret électoral, y voyant une avancée importante vers l’organisation d’élections inclusives et crédibles. Dans la continuité de cette position, l’Ambassade des États-Unis en Haïti a relayé la déclaration onusienne, un geste interprété comme une convergence diplomatique autour de la nécessité de poursuivre le processus électoral.
Ce positionnement conjoint intervient dans un environnement où les partenaires internationaux encouragent une accélération des préparatifs électoraux, considérés comme essentiels au retour à la normalité institutionnelle.
Ce qui interpelle d’abord, c’est que le CEP avait lui-même porté son choix sur Uder Antoine pour occuper la fonction de Directeur exécutif. Son profil, ses compétences et son expérience ne semblaient alors susciter aucune contestation. Pourtant, après sa nomination officielle comme Directeur général par arrêté publié dans Le Moniteur, la réaction du Conseil a été immédiate et particulièrement ferme.
Alors que le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé multiplie les efforts pour rétablir l’ordre démocratique et relancer le processus électoral, le Conseil électoral provisoire apparaît désormais comme l’un des principaux foyers de blocages et de tensions institutionnelles.
Bien que la nomination d’Uder Antoine ait été officialisée par arrêté publié dans Le Moniteur, le comportement du Conseil électoral provisoire (CEP) donne de plus en plus l’impression d’une institution qui se positionne en opposition à la dynamique engagée par les autorités.
La nomination d’Uder Antoine est, par ailleurs, perçue par certains observateurs comme un choix pertinent du gouvernement, dans le cadre du renforcement de l’administration électorale.
Ces éléments traduisent une fragilisation de la cohésion interne du CEP, dans une phase jugée déterminante pour l’avenir du calendrier électoral.
Le contraste est désormais visible entre, d’un côté, un soutien diplomatique affirmé en faveur du cadre juridique électoral, et de l’autre, des tensions institutionnelles au sein de l’organisme chargé de conduire le processus.
Parallèlement au processus électoral, le gouvernement poursuit ses efforts en matière de sécurité avec l’appui des forces de l’ordre. Des résultats sont déjà visibles dans certaines zones stratégiques de la capitale, notamment aux abords du Champ-de-Mars et dans les environs du Palais national, longtemps restés inaccessibles depuis 2021, désormais débarrassés de la présence des groupes armés.
Dans le même élan, des opérations de grande envergure sont actuellement menées dans plusieurs zones sensibles, dont Village-de-Dieu, illustrant la volonté des autorités de poursuivre le rétablissement progressif de l’ordre public sur l’ensemble du territoire.
Au-delà des divergences, l’enjeu reste central : permettre à Haïti de renouer avec la légitimité des urnes et de replacer les institutions démocratiques au cœur du fonctionnement de l’État.
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