Haïti à l’ONU : Dr Sandra Paulemon plaide pour des ODD adaptés aux pays vulnérables

New York, 16 juillet 2026 — Haïti veut faire évoluer le regard international sur les pays vulnérables. À la tribune de l’ECOSOC, Dr Sandra Paulemon, ministre de la Planification et de la Coopération externe, a porté un plaidoyer axé sur une idée centrale : les Objectifs de développement durable (ODD) ne peuvent produire des résultats durables sans une adaptation des mécanismes internationaux aux réalités des États confrontés à des crises profondes.

Intervenant au Segment de haut niveau du Conseil économique et social des Nations Unies consacré à l’accélération de l’Agenda 2030, la ministre a défendu, au nom du Gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, une approche qui place la vulnérabilité multidimensionnelle au cœur des politiques de développement.

Pour Haïti, l’enjeu n’est pas de revoir l’ambition des ODD, mais de repenser les conditions permettant aux pays fragiles de les atteindre. « Il devient nécessaire de reconsidérer les ODD, non pas pour les affaiblir, mais pour les rendre plus opérationnels, plus adaptés aux réalités nationales », a déclaré Dr Sandra Paulemon, appelant à une mise en œuvre qui tienne compte des chocs sécuritaires, climatiques, économiques et institutionnels.

La ministre a placé la question du financement au centre de son intervention, estimant que l’écart entre les ambitions internationales et les moyens disponibles demeure l’un des principaux obstacles à l’accélération de l’Agenda 2030. Elle a plaidé pour un accès plus équitable aux financements, un traitement plus soutenable de la dette, un meilleur partage des technologies et une réforme de l’architecture financière mondiale.

Évoquant la situation haïtienne, Dr Sandra Paulemon a rappelé que la crise sécuritaire produit des effets directs sur le développement national. Elle affecte la circulation des personnes, l’accès aux services publics, l’activité économique, la production agricole, les investissements et la cohésion sociale. Selon elle, ces réalités doivent être intégrées dans l’évaluation des trajectoires de développement des pays vulnérables.

Mais le message porté par la ministre ne s’est pas limité au constat des difficultés. « Haïti ne vient pas à cette tribune uniquement avec le langage de la crise. Haïti vient aussi avec une vision », a-t-elle affirmé, présentant la planification territoriale, les investissements productifs et le renforcement des capacités nationales comme les fondations d’une nouvelle dynamique de développement.

Pour le Gouvernement, les ODD doivent désormais sortir du cadre des engagements internationaux pour devenir des instruments d’action visibles dans les territoires. La ministre a insisté sur leur traduction concrète dans les communes, les bassins de production, les écoles, les centres de santé et les infrastructures de proximité.

Cette vision s’accompagne d’un agenda national articulé autour du rétablissement de la sécurité, de la création d’emplois, du soutien à l’agriculture, aux petites et moyennes entreprises et d’une coopération extérieure davantage alignée sur les priorités définies par Haïti.

Dr Sandra Paulemon a par ailleurs annoncé qu’Haïti prévoit d’engager, dès 2027, un exercice d’auto-évaluation volontaire des ODD afin d’identifier les progrès réalisés, mesurer les contraintes persistantes et renforcer l’intégration de l’Agenda 2030 dans la planification nationale.

À New York, Haïti a donc porté une revendication stratégique : les objectifs mondiaux ne peuvent être atteints sans des instruments capables de répondre aux réalités locales. Le plaidoyer de Dr Sandra Paulemon inscrit ainsi la planification nationale et la coopération internationale dans une même perspective : transformer les engagements de développement en résultats concrets pour la population haïtienne.

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