Wilson Laleau propose une nouvelle voie pour sortir Haïti du piège des transitions politiques
Wilson Laleau propose une nouvelle voie pour sortir Haïti du piège des transitions politiques
Port-au-Prince, 21 octobre 2025 — Dans un texte dense et réfléchi intitulé « Transitions politiques – Comment en sortir durablement », l’économiste et ancien ministre Wilson Laleau dresse un constat sans complaisance sur la fragilité institutionnelle d’Haïti. Selon lui, depuis plus de deux siècles, le pays s’enlise dans un cycle de transitions politiques sans issue, où chaque crise se termine par un nouveau projet constitutionnel censé refonder la République, mais qui reproduit les mêmes erreurs.
Pour Laleau, Haïti a « tout faux » en croyant qu’un nouveau texte peut, à lui seul, transformer la réalité. Il estime que les véritables causes de l’instabilité résident dans la faiblesse des institutions, la centralisation excessive du pouvoir, la capture de l’État par une minorité économique, la désorganisation de la société civile et la dépendance extérieure. Ce cercle vicieux empêche toute stabilité durable et maintient le pays dans une forme de précarité politique permanente.
L’ancien ministre critique également la prolifération de partis politiques sans idéologie ni base sociale, ainsi qu’une société civile fragmentée et dépendante des financements étrangers. Faute d’organisations intermédiaires fortes, la souveraineté du peuple demeure symbolique. Dans ces conditions, chaque tentative de réforme s’essouffle avant d’atteindre ses objectifs.
Voici le lien vers le fichier: « Transitions politiques – Comment en sortir durablement »
Pour rompre avec cette spirale, Wilson Laleau propose une idée audacieuse : instaurer une Constitution transitoire de cinq ans, conçue comme un laboratoire d’expérimentation politique. Ce texte provisoire servirait à tester un nouveau modèle de gouvernance avant l’adoption d’une Constitution définitive. Il suggère la mise en place d’un président custode, au-dessus des partis, garant de la stabilité et de la légalité, d’un gouvernement de coalition responsable devant le Parlement, et d’une véritable décentralisation avec des gouverneurs départementaux élus.
L’économiste prône également un changement de cap économique : bâtir un capitalisme coopératif fondé sur les entreprises communautaires, les coopératives et la valorisation des territoires. Selon lui, ce modèle permettrait d’ancrer la démocratie dans la réalité économique et sociale du pays, en redonnant aux citoyens un rôle concret dans la gestion collective.
Pour Wilson Laleau, la sortie durable des crises ne dépend pas d’une rupture brutale mais d’une méthode patiente, fondée sur la stabilité, la participation et l’apprentissage collectif. « Ce n’est pas une nouvelle Constitution qu’il faut rédiger, mais un processus constitutionnel qu’il faut instituer », affirme-t-il, insistant sur la nécessité de refonder la culture politique haïtienne avant de refonder ses institutions.
À travers cette réflexion, l’auteur invite les élites haïtiennes à dépasser la logique de méfiance et d’opportunisme qui a paralysé la République, et à engager enfin un vrai dialogue national sur la manière de reconstruire l’État et de restaurer la confiance. Son texte, à la fois critique et porteur d’espoir, ouvre un débat essentiel sur la possibilité d’un renouveau démocratique fondé sur la responsabilité et la coopération.
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