Laurent Saint Cyr face à l’irresponsabilité politique : quand certains membres du CPT flirtent avec le chaos
Laurent Saint Cyr face à l’irresponsabilité politique : quand certains membres du CPT flirtent avec le chaos
L’histoire retiendra que, dans l’un des moments les plus périlleux de la transition haïtienne, un homme a refusé de céder à la politique du sabotage institutionnel. Cet homme, c’est Laurent Saint Cyr, président du Conseil présidentiel de transition (CPT), aujourd’hui confronté à une tentative interne qui frôle l’irresponsabilité historique.
Alors que le pays est asphyxié par l’insécurité, paralysé par la crise sociale et suspendu à la promesse d’élections crédibles, cinq conseillers-présidents ont choisi la voie de la déstabilisation, cherchant à évincer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé sans vision claire, sans consensus national et sans égard pour les conséquences désastreuses d’un tel acte. Une manœuvre politique qui ressemble moins à un acte de gouvernance qu’à un coup de force déguisé.
Face à cette dérive dangereuse, Laurent Saint Cyr se dresse comme le dernier rempart institutionnel. Il refuse de cautionner une initiative qui ne ferait qu’enfoncer davantage le pays dans l’abîme. Là où certains membres du CPT semblent prêts à sacrifier l’État sur l’autel de calculs personnels, Saint-Cyr rappelle une vérité simple et brutale : on ne joue pas avec la stabilité d’un pays au bord de l’effondrement.
Cette tentative de révocation du Premier ministre n’est pas seulement maladroite ; elle est profondément irresponsable. Elle menace de provoquer un vide politique, d’aggraver la paralysie administrative et d’offrir un terrain encore plus fertile aux groupes armés qui prospèrent sur le désordre. Ceux qui la portent devront répondre, tôt ou tard, devant l’histoire, pour avoir flirté avec le chaos au moment même où le pays exigeait sang-froid et leadership.
Laurent Saint-Cyr, lui, assume pleinement son rôle. Il défend la continuité de l’État, la priorité sécuritaire et le respect du calendrier de transition. Il incarne une conception exigeante du pouvoir : gouverner, ce n’est pas intriguer ; diriger, ce n’est pas conspirer. Dans un Conseil présidentiel miné par les rivalités, il apparaît comme l’un des rares à mesurer le poids de ses décisions.
Aujourd’hui, deux camps se dessinent clairement au sommet de l’État : ceux qui attisent la crise et ceux qui tentent de l’endiguer. En refusant de céder aux pressions internes, Laurent Saint-Cyr envoie un message clair : la transition ne sera pas transformée en champ de bataille politique. Haïti n’a plus le luxe de l’aventure, ni celui de l’inconscience.
Dans cette séquence critique, le président du CPT n’est pas seulement un acteur politique ; il est un point d’équilibre. Et ceux qui cherchent à le contourner ou à l’affaiblir prennent le risque grave d’être comptables d’un nouveau naufrage national.
**Jean Luc ALTIME**
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