Laurent Saint-Cyr à l’ONU : ‘Pour Haïti, le silence serait complicité, agissons pour la paix’

Laurent Saint-Cyr à l’ONU : ‘Pour Haïti, le silence serait complicité, agissons pour la paix’

New York, 25 septembre 2025 – La voix grave, les mots pesés, Laurent Saint-Cyr, président du Conseil présidentiel de transition (CPT) d’Haïti, a lancé un SOS urgent devant l’Assemblée générale des Nations Unies. Devant l’hémicycle, il a décrit une Haïti en proie à une guerre qui la déchire, appelant la communauté internationale à ne plus détourner le regard.

« À seulement quatre heures de vol d’ici, se joue une tragédie humaine. L’une des plus graves de notre hémisphère », a-t-il déclaré, brossant un tableau saisissant : vies innocentes fauchées par les balles, quartiers entiers rayés de la carte, plus d’un million de déplacés, système de santé à l’agonie, enfants privés d’école et femmes victimes de violences sexuelles.

« Il faut le dire : en Haïti, c’est une guerre qui se joue. Une guerre entre des criminels qui veulent imposer la violence comme ordre social et une population désarmée qui lutte pour préserver la dignité humaine », a martelé le président du CPT. « Le silence ou l’inaction n’est pas une option. Chaque minute perdue se traduit en vies humaines sacrifiées. »

Il a dénoncé le décalage entre les promesses et la réalité sécuritaire : sur les 2 500 membres de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) initialement requis, « seulement un millier » sont sur le terrain. Leur courage n’a pas suffi à contenir des gangs « puissants et lourdement armés ».

Laurent Saint-Cyr a appelé à une transformation de la mission en une « Force de suppression des gangs » dotée d’un mandat clair, saluant l’engagement des États-Unis et du Panama. Il a également insisté sur la coopération régionale pour tarir les flux d’armes et de financements illicites vers les gangs, avertissant que l’échec en Haïti aurait des conséquences dans toute la Caraïbe.

Malgré l’insécurité, il a assuré que le processus électoral avançait, avec la majorité des centres de vote identifiés et un financement national garanti. Mais il a reconnu que le plus grand obstacle demeure le rétablissement de la sécurité.

Le discours a abordé des sujets sensibles, comme le bicentenaire de l’indemnité imposée par la France à Haïti, appelant à des réparations justes, ainsi que le rôle de la diaspora haïtienne. Enfin, une vision économique a été esquissée, passant de l’aide humanitaire à l’investissement dans des pôles structurants.

En conclusion, Laurent Saint-Cyr a rendu hommage à la résilience du peuple haïtien : « Haïti n’est pas une nation de résignés. Nous sommes un grand peuple. » Son message a résonné comme un ultimatum moral : « Face à l’ampleur de cette crise, le silence ne serait pas neutralité : il serait complicité. »

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