Henry T. Wooster, chargé d’affaires à l’ambassade américaine à Port‑au‑Prince, devant le Sénat : Washington fixe ses priorités pour Haïti
Henry T. Wooster, chargé d’affaires à l’ambassade américaine à Port‑au‑Prince, devant le Sénat : Washington fixe ses priorités pour Haïti
Washington, 10 février 2026 — Lors d’une audition au Sénat américain, Henry T. Wooster, chargé d’affaires à l’ambassade des États-Unis à Port‑au‑Prince, a exposé mardi les priorités de Washington pour Haïti, soulignant que la stabilité minimale reste l’objectif principal.
Pour le diplomate, la situation du pays est « grave mais gérable ». Il a insisté sur la nécessité de soutenir les forces haïtiennes et de conduire une transition politique crédible à travers des élections prévues cette année.
Wooster a identifié les gangs comme la menace principale pour l’État haïtien. Environ 12 000 membres sévissent dans le pays, dont 3 000 bien armés. Une vingtaine de groupes se sont regroupés sous la bannière « Viv Ansanm », désormais classée organisation terroriste étrangère par les États-Unis, tout comme le groupe Gran Grif. Malgré ce déséquilibre, les gangs sont désormais sur la défensive grâce aux forces haïtiennes, à une force internationale de l’ONU et à des contractants militaires américains.
Sur le plan politique, Haïti n’a pas organisé d’élections depuis dix ans et a connu plusieurs gouvernements de transition depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021. Le Conseil présidentiel de transition a vu son mandat expirer trois jours avant l’audition. Wooster a salué le rôle de Laurent Saint‑Cyr et du Premier ministre Alix Didier Fils‑Amé, partenaires clés des États-Unis, et a rappelé l’importance d’un gouvernement élu et responsable devant la population.
Selon lui, la crise économique constitue un facteur aggravant de l’insécurité. Après sept années de contraction et plus de 1,4 million de déplacés internes, le pays est au bord de l’effondrement. Le secteur textile, principal employeur formel, a perdu deux tiers de ses emplois depuis 2021. La réautorisation des programmes Haiti HOPE/HELP par le Congrès américain pourrait soutenir ce secteur et offrir une alternative aux jeunes tentés de rejoindre les gangs.
Wooster a également confirmé l’arrivée imminente d’une Force de suppression des gangs, composée de 5 500 militaires et policiers de quinze pays, chargée de sécuriser les infrastructures critiques et de soutenir les forces haïtiennes. Les premières unités devraient être déployées en avril, avec des opérations dès mai, et la force se retirera progressivement à mesure que les capacités locales seront renforcées.
Enfin, le chargé d’affaires a insisté sur le renforcement de la Police nationale d’Haïti, avec 4 000 recrues supplémentaires prévues en seize mois, et sur le rôle à long terme des Forces armées d’Haïti pour la sécurité, la reconstruction et la gestion des catastrophes.
Malgré l’ampleur des défis, Henry T. Wooster reste confiant : la « stabilité minimale » demeure possible si la communauté internationale maintient son engagement, essentielle pour la sécurité régionale et les intérêts américains.
Diplômé en journalisme et communication, chef de projet PM4, PDG du Journal Le Louverture


