Ce qu’on ne vous dit pas de la réforme que Dr Sandra Paulemon impose au MPCE depuis mars 2026

PORT-AU-PRINCE, 23 octobre 2026 —Depuis sa prise de fonction, le 4 mars 2026, Dr Sandra Paulemon engage une réforme qui touche plusieurs dimensions du Ministère de la Planification et de la Coopération externe (MPCE). Gestion des ressources humaines, amélioration des conditions de travail, renforcement des compétences techniques, coopération internationale et planification territoriale : les initiatives rapportées témoignent d’une volonté de consolider le fonctionnement de cette institution stratégique pour le développement d’Haïti.
Réformer un tel ministère exige une connaissance de ses missions, une vision des priorités nationales et la capacité de transformer les orientations en actions concrètes. L’évolution de l’exécution du Budget d’investissement public (BIP) constitue notamment un indicateur important pour apprécier cette démarche.
Des conditions de travail au cœur de la réforme
Parmi les mesures rapportées figurent le versement de primes trimestrielles par carte de débit, des allocations à l’occasion de certaines fêtes, une allocation de rentrée scolaire, une prime de fin d’exercice fiscal et la compensation des heures supplémentaires. Des ajustements auraient également été apportés aux montants crédités sur les cartes de débit.
L’amélioration des conditions matérielles de travail fait aussi partie des initiatives mentionnées. Près de 95 % des espaces seraient climatisés, une clinique disposerait de personnel spécialisé et des véhicules seraient mis à la disposition de certains directeurs et de leurs assistants.
Ces mesures placent les ressources humaines parmi les préoccupations de l’administration. Elles traduisent une approche qui associe la performance institutionnelle à la reconnaissance du travail des agents et à l’amélioration de leurs conditions de travail.
Une réforme sans chasse aux sorcières
Le maintien de directeurs et de directeurs adjoints déjà en fonction constitue un autre aspect notable de la gestion de Dr Sandra Paulemon. Certains cadres participeraient également aux travaux du cabinet ministériel.
Ce choix privilégie la continuité administrative plutôt que le remplacement systématique des responsables. Au MPCE, la connaissance des dossiers, la maîtrise des procédures et l’expérience professionnelle représentent des ressources utiles pour assurer le suivi des projets et préserver la mémoire institutionnelle.
Réformer ne signifie pas tout remplacer. Il faut aussi savoir reconnaître les compétences, mobiliser l’expérience disponible et fixer des objectifs précis.
Cette approche permet de concilier stabilité et évolution. Elle donne à la ministre la possibilité de s’appuyer sur les compétences existantes pour faire avancer ses priorités, tout en maintenant l’exigence de résultats.
Le BIP dépasse les 70 % : un indicateur majeur
L’évolution du taux d’exécution du Budget d’investissement public constitue l’un des éléments les plus significatifs du bilan de Dr Sandra Paulemon au MPCE.
Lors d’une interview exclusive accordée au Louverture en juillet 2026, la ministre avait indiqué que le taux d’exécution du BIP, qui était de 17 % à son arrivée, avait atteint 53 %. Elle visait alors un taux compris entre 70 et 80 % avant la clôture de l’exercice fiscal 2025-2026.
Selon les informations communiquées, le taux a finalement dépassé les 70 % à la fin de cet exercice. Cette progression constitue un élément important pour apprécier le travail accompli par le ministère.
L’exécution du budget d’investissement est un enjeu majeur pour Haïti, où les besoins en infrastructures et en services publics demeurent considérables. L’amélioration de cet indicateur suppose notamment un suivi régulier des dossiers, une coordination avec les ministères sectoriels et un traitement efficace des procédures administratives.
Cette évolution donne une dimension concrète à la réforme engagée par Dr Sandra Paulemon. Elle devra néanmoins être appréciée à partir du taux définitif publié par les autorités compétentes, ainsi que des données permettant d’identifier les projets exécutés et les dépenses effectivement réalisées.
Former les cadres pour mieux préparer les projets
Le renforcement des compétences techniques constitue un autre volet important. Quelque 90 agents des Unités d’études et de programmation (UEP) auraient participé à des formations organisées en trois cohortes, portant notamment sur la conception de projets, la planification, la programmation et le suivi.
Cette orientation touche directement à la mission du MPCE. La planification ne consiste pas seulement à identifier les besoins du pays : elle exige de concevoir des projets solides, d’évaluer les ressources nécessaires et d’organiser leur suivi.
En accordant une place à la formation des agents techniques, Dr Sandra Paulemon entend renforcer la capacité de l’administration à préparer des projets susceptibles d’être financés et exécutés efficacement.
Coopération externe et ancrage territorial
Des rencontres de haut niveau, des échanges avec des partenaires et des missions de travail auraient également contribué à mobiliser plusieurs millions de dollars pour des initiatives de développement.
La mobilisation de financements exige des projets bien préparés, une bonne maîtrise des dossiers et une coordination efficace avec les partenaires. La publication des montants, des accords conclus et des sommes effectivement décaissées permettrait de mieux apprécier les résultats de ces démarches.
Par ailleurs, des visites de travail auraient été réalisées dans le Nord-Est, le Nord, l’Artibonite, le Sud-Est, les Nippes, la Grand’Anse et le Sud. Cette présence territoriale peut contribuer à mieux cerner les besoins locaux et à rapprocher la planification nationale des réalités départementales.
L’enjeu consiste à transformer les constats du terrain en projets concrets, assortis de priorités, de budgets et de mécanismes de suivi.
Une méthode tournée vers les résultats
Les initiatives rapportées depuis mars 2026 font ressortir plusieurs axes de la gestion de Dr Sandra Paulemon : valorisation du personnel, continuité administrative, formation technique, suivi de l’investissement public, coopération internationale et attention portée aux réalités territoriales.
La progression du taux d’exécution du BIP, annoncé au-dessus de 70 % à la clôture de l’exercice fiscal 2025-2026, constitue un élément important de ce bilan. Elle mérite d’être mise en perspective avec les résultats définitifs, la qualité des projets réalisés et les effets concrets des investissements sur les priorités nationales.
La maîtrise d’un ministère stratégique se mesure à la capacité de comprendre ses mécanismes, de mobiliser ses compétences et de transformer les décisions en résultats. C’est sur cette exigence que la réforme conduite par Dr Sandra Paulemon doit être appréciée.
Pour Haïti, l’enjeu est de disposer d’un MPCE capable de mieux préparer les projets, d’améliorer le suivi de l’investissement public et de mobiliser efficacement les ressources au service du développement national.
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