Éditorial — GSF en Haïti : une décision gouvernementale dictée par l’urgence sécuritaire
Port-au-Prince, 22 octobre 2026 — Il faut cesser de faire la grimace ! Il faut regarder la réalité en face : la guerre contre les gangs en Haïti n’est ni un jeu ni un spectacle politique. L’enlèvement de quatre ressortissants salvadoriens associés à la mission internationale de sécurité rappelle brutalement que les groupes armés représentent une menace redoutable.
Quatre Salvadoriens enlevés par des gangs ! Et pourtant, certains semblent plus préoccupés par les interprétations politiques que par la gravité de la menace. Où est passé le bon sens ? Depuis quand la lutte contre des groupes capables de terroriser des quartiers entiers devrait-elle être une promenade de santé ?
Il faut le dire clairement : le gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a fait de la sécurité du pays sa priorité principale. Sans cette détermination, sans cette lucidité, Haïti aurait déjà sombré aux mains des gangs. La demande d’appui du GSF répondait à cette analyse : renforcer les capacités nationales face à l’emprise des groupes criminels. Cette démarche n’était ni improvisée ni sans fondement. Solliciter ce soutien relevait d’une nécessité sécuritaire, non d’une décision prise à la légère. Preuve en est que le mandat du GSF a été renouvelé par les Nations unies jusqu’au 31 mars 2027, sur la plaidoirie du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et avec l’appui de l’Organisation des États américains (OEA).
Le GSF est en Haïti pour contribuer au combat contre les gangs. Il n’est pas venu en vacances. Sa mission comporte des risques, et l’enlèvement de ces quatre Salvadoriens le rappelle durement. Leur statut technique ne doit pas être confondu avec celui de combattants, mais leur association à la mission ne les met pas à l’abri de la violence.
Ce qui importe aujourd’hui, c’est qu’ils soient retrouvés et libérés sains et saufs. Leur enlèvement soulève des questions sur les conditions de sécurité et l’évaluation de la menace. Ces questions méritent des réponses sérieuses, non des spéculations.
Il est légitime de discuter des stratégies et des résultats de la mission. Mais les difficultés sur le terrain ne suffisent pas à discréditer la démarche qui a conduit à solliciter ce renfort. Une analyse responsable doit distinguer les raisons qui justifient une mission, les moyens dont elle dispose et les résultats qu’elle obtient.
Combattre les gangs exige courage, préparation, renseignement, équipements adaptés et coordination avec la Police nationale et les Forces armées d’Haïti. Les revers doivent conduire à réévaluer les stratégies, non à exploiter les événements à des fins partisanes.
C’est là que certains médias et responsables politiques devraient faire preuve de discernement. La presse a le devoir de questionner et de dénoncer les défaillances. Mais informer ne signifie pas transformer chaque tragédie en munition politique.
Ceux qui chercheraient à profiter de l’insécurité pour bloquer le processus électoral joueraient avec l’avenir démocratique du pays. Le peuple haïtien ne peut pas subir indéfiniment la violence des gangs et les calculs de ceux qui préféreraient voir la crise se prolonger pour préserver leurs intérêts.
Le chaos actuel est le produit de longues années de défaillances et de calculs politiques. Ceux qui ont affaibli les institutions ne peuvent aujourd’hui se présenter comme irresponsables. Les responsabilités historiques doivent être examinées à la lumière des faits, sans accusations gratuites ni indulgence sélective.
La priorité est claire : retrouver les quatre Salvadoriens, poursuivre la lutte contre les gangs et permettre à la population de retrouver sa sécurité et ses droits. La mission internationale doit tirer les leçons de cet enlèvement, les forces haïtiennes renforcer leurs capacités et les autorités rendre compte des progrès.
Le temps des calculs politiques est passé. La sécurité des Haïtiens et la tenue des élections ne peuvent pas être sacrifiées aux intérêts particuliers. Le gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a fait de la sécurité sa priorité ; il appartient à tous, aujourd’hui, de faire preuve de lucidité, de courage et de responsabilité devant la nation.
La demande d’appui du GSF répondait à une urgence sécuritaire que personne ne devrait minimiser. La sécurité n’est pas un instrument de marchandage politique, et les élections ne doivent pas être sacrifiées sur l’autel des intérêts particuliers. Haïti a besoin d’une réponse ferme contre les gangs, d’une mobilisation responsable et d’un retour à l’ordre démocratique. Il est temps que chacun assume ses responsabilités devant la nation.
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