Édito : « Analyse Média » ou la dérive d’un journalisme sans boussole
« Analyse Média » ou la dérive d’un journalisme sans boussole
Dans une démocratie, la critique médiatique est non seulement légitime, elle est nécessaire. Mais elle exige une chose essentielle : la rigueur. Lorsqu’une prétendue « analyse » abandonne les faits pour se réfugier dans l’insinuation et l’attaque personnelle, elle cesse d’être du journalisme pour devenir un simple exercice de nuisance.
Ce qui circule sous l’étiquette « Analyse Média » illustre malheureusement cette dérive. Derrière un titre qui se veut sérieux, on découvre un contenu qui relève davantage du règlement de comptes que d’un véritable travail d’investigation. Les accusations sont lancées avec aplomb, mais les preuves, elles, brillent par leur absence.
Dans ce type de discours, les messages subliminaux parlent souvent plus fort que les mots. On y devine parfois la rancœur, la jalousie ou la volonté de discréditer une femme dont le parcours, l’engagement et les compétences dérangent certains esprits étroits. Car il faut bien le rappeler : Sandra Paulemon fait partie de cette nouvelle génération de cadres qui portent l’ambition d’un État plus moderne, plus rigoureux et plus ouvert sur le monde.
Au lieu d’analyser ses idées, son travail ou sa contribution au débat public, certains préfèrent s’attaquer à sa personne. Cette méthode n’a rien de courageux. Elle révèle surtout l’incapacité de produire une critique sérieuse sur le fond.
Le plus préoccupant est que ce comportement contribue à discréditer une profession déjà fragilisée. Le journalisme n’est pas un métier pour les aventuriers de la parole ni pour les mercenaires de la rumeur. Il repose sur des principes simples : vérifier, contextualiser, informer.
Ceux qui prétendent parler au nom de l’analyse devraient commencer par relire les règles élémentaires de la déontologie journalistique. Car un micro ne fait pas un journaliste, pas plus qu’un ton accusateur ne fait une enquête.
Heureusement, ce pays ne se résume pas à ces dérives. Haïti compte encore des femmes et des hommes intègres, engagés au service du bien public. Et parmi eux, Sandra Paulemon incarne cette volonté de compétence, de travail et de dignité que certains tentent aujourd’hui de salir, sans succès.
Lorsque le journalisme perd sa boussole morale, il finit toujours par se perdre lui-même.
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