La honte silencieuse : les violences sexuelles comme arme de domination
La honte silencieuse : les violences sexuelles comme arme de domination
PORT-AU-PRINCE — En Haïti, les violences sexuelles atteignent un seuil critique. Le rapport du BINUH pour le deuxième trimestre 2025 fait état de 628 victimes, en majorité des femmes et des filles. Ces agressions, concentrées dans la capitale et dans le département de l’Artibonite, sont utilisées comme moyen de domination et de terreur par les gangs armés.
Dans 85 % des cas documentés, les viols sont collectifs. Certaines victimes ont été soumises à des violences sexuelles répétées pendant plusieurs jours. À L’Estère, deux adolescentes de 14 et 16 ans ont été enlevées puis violées à répétition par plusieurs membres d’un gang. En avril, à Gressier, des femmes kidnappées à bord d’un véhicule de transport en commun ont subi des viols dans une zone contrôlée par un gang. L’une d’entre elles a été exécutée, les autres étaient encore retenues fin juin.
Les attaques se produisent dans la rue, dans les transports publics ou au domicile des victimes. Certaines sont tuées après l’agression. La peur des représailles, la honte et la méfiance envers la justice expliquent le silence qui entoure ces crimes.
Selon le mécanisme MARA des Nations Unies, les cas de violences sexuelles ont augmenté de 88 % par rapport au trimestre précédent. Malgré des formations policières, des enquêtes ouvertes et la mise en place de pôles judiciaires spécialisés, les efforts de réponse restent insuffisants.
Dans un contexte d’effondrement des institutions, le viol est devenu une arme de guerre. Sans action coordonnée, centrée sur les victimes et fondée sur la justice et la protection, cette violence continuera de s’imposer dans le silence et l’impunité.
Share this content:












