États-Unis | Un ancien agent de la PNH reconnaît avoir alimenté un trafic d’armes vers Haïti
Les autorités américaines ont annoncé le plaidoyer de culpabilité de Jean Robert Casimir, un ancien agent de la Police nationale d’Haïti (PNH), poursuivi pour son rôle dans un vaste réseau de trafic d’armes ayant alimenté Haïti depuis 2020. Âgé de 53 ans, citoyen américain naturalisé et résident de Lauderhill, en Floride, il a plaidé coupable le mardi 4 août 2026 devant un tribunal fédéral de district des États-Unis pour complot, contrebande et violation de la législation américaine sur le contrôle des exportations.
Selon les documents judiciaires, Jean Robert Casimir a reconnu son rôle dans un réseau ayant exporté illégalement vers Haïti au moins 140 armes à feu entre août 2020 et décembre 2024, sans l’autorisation préalable exigée par les autorités américaines.
Les enquêteurs indiquent qu’il a procédé à ces exportations sans avoir obtenu la licence obligatoire délivrée par le Bureau of Industry and Security (BIS) du Département américain du Commerce, dont le siège est situé dans le District de Columbia.
Au cours de cette période, il a acheté au moins 108 armes à feu auprès de vendeurs titulaires d’une licence fédérale (Federal Firearms Licensees – FFL), ainsi qu’entre 30 et 35 armes supplémentaires auprès d’un particulier en Floride. L’arsenal comprenait des fusils, des pistolets et des fusils de chasse de différentes marques et modèles.
Pour acheminer clandestinement ces armes vers Haïti, Jean Robert Casimir et ses complices utilisaient un procédé sophistiqué. Les armes étaient démontées, enveloppées dans de la mousse isolante puis dissimulées à l’intérieur de compresseurs d’air industriels préalablement découpés et ressoudés. Les équipements modifiés, ainsi que d’autres colis, étaient ensuite expédiés par bateau vers Haïti depuis la région de Miami.
Jean Robert Casimir a été arrêté le 16 décembre 2024 à Lauderhill avant d’être officiellement inculpé le 23 janvier 2025. Son plaidoyer de culpabilité marque une étape importante dans cette procédure judiciaire.
L’annonce a été faite par le procureur général adjoint chargé de la sécurité nationale, John A. Eisenberg, la procureure fédérale du District de Columbia, Jeanine Ferris Pirro, l’agent spécial responsable du bureau du FBI à Miami, Brett D. Skiles, ainsi que l’agent spécial responsable des enquêtes de Homeland Security Investigations (HSI) à Miami, José R. Figueroa.
L’enquête est menée par le bureau du FBI à Miami et les bureaux de Homeland Security Investigations (HSI) de Washington et de Miami, avec le concours du Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives (ATF) et du U.S. Customs and Border Protection (CBP).
Les poursuites sont assurées par l’assistante du procureur fédéral Ariel Dean, du District de Columbia, et par Beau Barnes, avocat plaidant de la Division de la sécurité nationale du Département de la Justice, avec l’appui du bureau du procureur fédéral du district sud de la Floride. L’ancienne procureure fédérale adjointe Kimberly Paschall, du District de Columbia, a également apporté une contribution importante à cette procédure.
Le dossier est traité par la Homeland Security Task Force (HSTF), créée par le décret présidentiel Executive Order 14159, intitulé Protecting the American People Against Invasion (« Protéger le peuple américain contre l’invasion »). Cette initiative constitue un partenariat interministériel mobilisant l’ensemble des agences gouvernementales américaines afin de démanteler les cartels criminels, les gangs étrangers, les organisations criminelles transnationales ainsi que les réseaux de trafic d’armes, de traite et de trafic d’êtres humains opérant aux États-Unis et à l’étranger.
Selon le Département de la Justice, cette coopération sans précédent entre les différentes agences fédérales mobilise l’ensemble des moyens des services américains chargés de l’application de la loi afin d’identifier, d’enquêter et de poursuivre les auteurs d’infractions commises par ces organisations criminelles, qui alimentent depuis longtemps la violence et l’instabilité. Dans le cadre de cette mission, la HSTF accorde une attention particulière aux enquêtes et poursuites visant les auteurs de traite d’enfants et d’autres crimes impliquant des mineurs. Elle met également en œuvre tous les moyens juridiques disponibles afin de poursuivre en justice et d’expulser des États-Unis les étrangers criminels les plus violents.
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