Haïti : la CNDDR lance un appel aux groupes armés pour déposer les armes et choisir la réinsertion

PORT-AU-PRINCE, 6 novembre 2026 – La Commission nationale de désarmement, de démantèlement et de réinsertion (CNDDR) annonce la mise en place de mécanismes légaux d’accompagnement et de réinsertion destinés aux membres des groupes armés qui souhaitent abandonner la violence. Dans un communiqué publié le 4 novembre, l’institution appelle ces derniers à déposer volontairement et définitivement leurs armes, tout en avertissant que ceux qui poursuivront leurs activités criminelles devront répondre de leurs actes devant la justice.

Sous le titre « L’État ouvre la voie au désarmement et à la réinsertion », la CNDDR présente cette initiative comme une possibilité offerte aux membres des groupes armés de rompre avec la violence et de reconstruire leur avenir en dehors des activités criminelles.

Selon la Commission, les mécanismes légaux d’accompagnement et de réinsertion sociale sont désormais disponibles et opérationnels. L’objectif est de permettre à ceux qui souhaitent abandonner les groupes armés de bénéficier d’un processus de désengagement et d’un accompagnement favorisant leur réintégration dans la société.

La réinsertion, mais sans impunité

Si la CNDDR ouvre la voie à une démarche de désarmement volontaire, elle insiste toutefois sur un point essentiel : cette initiative ne constitue pas une garantie d’impunité pour les auteurs d’activités criminelles.

La Commission prévient clairement que ceux qui choisiront de persister dans la violence ou de poursuivre leurs activités criminelles s’exposeront à toute la rigueur de la loi et aux poursuites judiciaires, sans aucune forme de complaisance.

Le message adressé aux groupes armés repose ainsi sur deux possibilités distinctes : renoncer à la violence et s’engager dans un processus de réinsertion, ou continuer les activités criminelles et assumer les conséquences judiciaires qui en découlent.

Cette position traduit la volonté affichée de l’État de combiner les perspectives de désarmement et de réinsertion avec l’application de la loi.

La restauration de l’autorité de l’État au cœur de la démarche

La CNDDR réaffirme son engagement à travailler en étroite collaboration avec les institutions nationales et les partenaires concernés afin de contribuer à la consolidation d’une paix durable.

Cette paix, souligne-t-elle, doit reposer sur la sécurité, le respect de la loi, la responsabilité et la réinsertion sociale.

La Commission rappelle également que la République ne reculera devant aucun obstacle pour rétablir l’autorité de l’État, garantir la sécurité des citoyens et préserver l’ordre public.

Cette déclaration constitue un signal adressé aux groupes armés, alors que le rétablissement de la sécurité demeure un enjeu majeur pour les autorités haïtiennes. L’État entend ainsi maintenir une ligne de fermeté face aux activités criminelles, tout en laissant une possibilité de sortie à ceux qui acceptent de rompre définitivement avec la violence.

« Déposer les armes, c’est choisir la vie »

La Commission résume sa démarche dans une formule sans équivoque : « Déposer les armes, c’est choisir la vie. Persister dans la violence, c’est s’exposer aux conséquences de la justice. »

La mise en œuvre effective des mécanismes annoncés sera déterminante pour donner corps à cette initiative. Leur accessibilité, leur crédibilité et la coordination entre les institutions concernées seront essentielles pour encourager les éventuels candidats au désarmement.

Pour la CNDDR, l’enjeu est de favoriser un processus susceptible de contribuer à la réduction de la violence armée et à la reconstruction du tissu social.

En lançant cet appel, l’institution place les membres des groupes armés devant un choix : abandonner les armes et saisir les possibilités de réinsertion ou persister dans les activités criminelles et s’exposer aux poursuites judiciaires.

La voie du désarmement est donc ouverte. Mais la Commission prévient : la réinsertion passe par une véritable rupture avec la violence et ne saurait être confondue avec l’impunité.

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