ÉDITO — Dr Sandra Paulémon : l’architecte d’une planification enracinée dans les territoires

Il est des ministères que l’on mesure à leurs organigrammes. Il en est d’autres que l’on reconnaît à leurs empreintes. Le MPCE, sous la conduite de Dr Sandra Paulémon, appartient désormais à cette seconde famille : celle des institutions qui marchent, qui écoutent et qui vont à la rencontre de la géographie vivante du pays.

Depuis son installation à la tête du Ministère de la Planification et de la Coopération Externe, le 4 mars 2026, Dr Sandra Paulémon imprime à son action une détermination remarquable. Près de sept mois plus tard, cette détermination prend la forme d’une planification qui ne reste pas confinée à Port-au-Prince, mais qui va chercher dans les territoires les réalités et les priorités qui doivent guider l’action publique.

En trois semaines, vingt et un jours d’une rare intensité, la ministre a sillonné plusieurs régions du pays. Du Grand Nord au Grand Sud, en passant par l’Ouest, elle a donné au MPCE une dynamique nouvelle : celle d’une institution qui se déplace pour mieux comprendre avant de décider.

Première étape : le Grand Nord, avec le Nord-Ouest, le Nord et l’Artibonite. Les tables départementales de consultation sont lancées successivement. Dans l’Artibonite, la mission coïncide avec le lancement de l’année scolaire. De retour à Port-au-Prince, les consultations se poursuivent avec les conférences budgétaires réunissant ministères sectoriels et organismes publics.

À quelques jours de la clôture de l’exercice fiscal 2025-2026, l’enjeu est majeur. Pour Dr Sandra Paulémon, le budget 2026-2027 ne doit pas être une simple addition de chiffres. Il doit traduire les réalités du pays et répondre aux priorités identifiées dans les territoires.

Le 18 septembre, le MPCE ouvre parallèlement la revue de son portefeuille avec les partenaires techniques et financiers. Pendant cinq jours, les échanges se tiennent avec les pays partenaires, les ambassadeurs, les chefs de coopération, le système des Nations Unies et les agences engagées dans le développement d’Haïti.

Pendant que Port-au-Prince était mobilisé autour de cette revue, Dr Sandra Paulémon a pris la route du Grand Sud. Elle est revenue à Port-au-Prince le vendredi 25 septembre 2026 pour clôturer elle-même la revue du portefeuille.

Jacmel. Les Nippes. La Grand’Anse. Le Sud.

Quatre départements en quatre jours. Quatre journées consacrées aux collectivités territoriales, aux délégations et vice-délégations, aux représentants des arrondissements, au secteur privé, à la société civile et aux organisations non gouvernementales.

Surtout, quatre journées pour écouter.

Les consultations ont permis de faire ressortir des besoins précis. Dans certains territoires, les acteurs locaux demandent l’élaboration ou la mise en œuvre de Plans communaux de développement (PCD). D’autres mettent l’accent sur la construction et la réhabilitation de routes, de lycées, ainsi que sur le renforcement de l’offre universitaire.

La relation entre l’État central et les collectivités territoriales figure également parmi les préoccupations. Les acteurs locaux souhaitent une présence mieux coordonnée de l’État et un accompagnement davantage adapté aux réalités de leurs territoires.

Les interventions des ONG ont aussi été évoquées. Plusieurs territoires demandent un meilleur suivi et une meilleure coordination de leurs projets, afin que les actions menées correspondent réellement aux priorités des populations et contribuent au développement local.

Ces consultations doivent maintenant alimenter le Programme d’investissement public (PIP) et la préparation du prochain cycle de programmation. La démarche donne ainsi au MPCE une lecture plus précise des besoins du pays, territoire par territoire.

C’est là que se révèle le sens profond de cette mobilisation. Planifier ne consiste pas seulement à remplir des tableaux ou à multiplier les réunions dans la capitale. Planifier, c’est partir des communes, des sections communales et des départements pour comprendre ce que les populations vivent et ce que les acteurs locaux considèrent comme prioritaire.

Cette approche rejoint le chantier du Programme national de stabilisation et de relance économique, sociale et territoriale — le PNSREST — que le MPCE prépare avec le système des Nations Unies.

Les déplacements de ces dernières semaines ne sont donc pas une succession de visites officielles. Ils constituent une méthode de travail : écouter les territoires, identifier leurs besoins et faire remonter ces priorités dans la programmation publique.

La tâche reste immense. Les attentes sont nombreuses et les moyens limités. Mais une planification qui commence par l’écoute offre une base plus solide pour construire les priorités nationales.

Au terme de ces trois semaines, Dr Sandra Paulémon aura surtout imprimé une méthode : aller sur le terrain avant de décider. Elle replace ainsi les territoires au cœur de la réflexion et cherche à rapprocher les investissements publics des besoins exprimés par les populations.

Ce choix donne au MPCE une nouvelle respiration. La planification cesse d’être uniquement un exercice administratif pour devenir un outil de compréhension et d’action au service des territoires.

Dr Sandra Paulémon a fait le choix du terrain. Elle a fait le choix de l’écoute. Elle défend une planification qui part de la réalité des territoires pour construire les priorités nationales.

Une ministre de terrain. Une planification à l’écoute des territoires. Une vision pour Haïti.

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