Dr. Josué Pierre-Louis : la tentative du CPT contre le Premier ministre viole le décret du 27 mai 2024
Dr. Josué Pierre-Louis : la tentative du CPT contre le Premier ministre viole le décret du 27 mai 2024
Dr. Josué Pierre-Louis, juriste et ancien secrétaire général de la Présidence, est catégorique : la tentative de cinq membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) de révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé n’a aucun fondement légal, et ce, à seulement 10 jours de la fin du mandat du CPT.
La tentative de révocation du Premier ministre par des membres majoritaires du CPT se heurte à un obstacle majeur : le droit. Le décret portant création et organisation du CPT, publié au Moniteur le 27 mai 2024 (179e année, Spécial n°23), est sans ambiguïté. À aucun moment il ne confère au CPT le pouvoir de révoquer un chef de gouvernement de sa propre initiative, encore moins en dehors des mécanismes expressément prévus par le texte fondateur.
Cette interprétation est confirmée par le Dr Josué Pierre-Louis, qui a travaillé sur le décret et en connaît parfaitement les implications, comme il l’a expliqué sur les ondes de Radio Magik 9 ce mercredi 28 janvier 2026, il a rappelé que si le CPT peut nommer un Premier ministre, il ne peut en aucun cas le révoquer unilatéralement. Selon lui, le chef du gouvernement ne peut quitter ses fonctions qu’après une perte de confiance du Parlement, et non sur la base d’une résolution improvisée prise en dehors de tout cadre légal.
Le Dr Pierre-Louis insiste également sur le plan institutionnel : on ne peut même pas parler de « résolution » sans procès-verbal, sans réunions tenues conformément aux règles, et sans l’intervention de la Secrétaire générale de la Présidence, seule habilitée à rédiger et authentifier les actes officiels du CPT. Toute décision prise en dehors de ce circuit légal n’engage pas le Conseil en tant qu’institution, mais uniquement ses signataires. Il rappelle au passage l’épisode controversé du Bloc majoritaire indissoluble pour illustrer les risques de décisions hors cadre.
L’article 37 du décret est très précis : le CPT ne peut mettre fin aux fonctions du Premier ministre que si des présomptions graves de corruption ou des déficits de gouvernance sont constatés et présentés par l’Organe de Contrôle de l’Action Gouvernementale (OCAG). Or, cet organe n’a jamais été créé, ce qui rend toute procédure de révocation juridiquement impossible.
Cette tentative de destitution intervient également dans un contexte diplomatique sensible. Les États-Unis, le Canada, l’Union européenne et d’autres partenaires internationaux ont clairement exprimé leur opposition à toute manœuvre qui pourrait fragiliser l’exécutif. Le soutien affiché au Premier ministre par le chargé d’affaires américain Henry T. Wooster, l’ambassadeur du Canada André François Giroux, et le Secrétaire d’État américain Marco Rubio montre que la stabilité reste la priorité.
En continuant sur cette voie, certains membres du CPT transforme le Conseil en source d’instabilité, plutôt qu’en organe de transition. Comme le souligne Dr. Josué Pierre-Louis, le droit ne se contourne pas et doit être respecté, surtout à moins de deux semaines de la fin du mandat du CPT.
Diplômé en journalisme et communication, chef de projet PM4, PDG du Journal Le Louverture


