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Haïti : Sandra Paulemon reprend le contrôle de l’investissement public avec une circulaire musclée

Port-au-Prince, avril 2026 — Le message est clair et sans détour. La ministre de la Planification et de la Coopération Externe, Sandra Paulemon, a décidé de mettre fin au flou qui entoure la gestion des projets d’investissement public en Haïti. Une circulaire, adressée à tous les ordonnateurs et directeurs de programme de l’administration publique, pose désormais les règles du jeu. Et elles ne sont pas négociables.

Derrière ce texte, une réalité que peu osent nommer : pendant des années, des projets publics ont été exécutés sans suivi rigoureux, des fonds ont été décaissés sans reddition de comptes, et l’aide au développement a souvent échappé à toute coordination nationale. Sandra Paulemon entend tourner la page.

La circulaire s’appuie sur deux décrets du 6 janvier 2016, longtemps restés lettre morte dans les tiroirs de l’administration. Elle rappelle que le Programme d’Investissement Public (PIP) est l’instrument central qui traduit les ambitions du Plan Stratégique de Développement National en actions concrètes. Et que sa gestion revient exclusivement au MPCE, pas aux institutions qui font cavalier seul.

Désormais, toute institution publique qui sollicite de l’aide au développement devra passer par le MPCE et obtenir son feu vert. Fini les démarches en solo, fini les projets qui échappent à la cohérence nationale. Les directeurs de programme devront soumettre des rapports trimestriels dans des délais stricts, et en fin de projet, rendre un compte exhaustif de chaque centime dépensé, de chaque bien acquis.

Mais c’est la disposition d’urgence qui retient l’attention. La ministre fixe au 30 avril 2026 la date limite pour soumettre un rapport couvrant la période 2024-2025, notamment pour les projets financés de l’extérieur. Un signal fort adressé aux institutions qui ont trop longtemps géré l’aide internationale en dehors de tout cadre national.

Dans un pays où la transparence dans la gestion publique est un combat quotidien, Sandra Paulemon choisit de frapper fort dès le début. Elle sait que les textes seuls ne suffisent pas. Mais sans textes, rien n’est possible.

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