Haïti : les 32 États de l’OEA demandent le renouvellement et le déploiement complet de la FRG
Port-au-Prince, 25 septembre 2026 — La pression diplomatique s’intensifie autour de la question sécuritaire en Haïti. Trente-deux États membres de l’Organisation des États américains (OEA) ont publié, ce 25 septembre, une déclaration conjointe appelant le Conseil de sécurité des Nations Unies à renouveler le mandat de la Force de répression des gangs (FRG) et demandant à la communauté internationale de mobiliser les moyens nécessaires à son déploiement intégral et durable.
La déclaration intervient alors que le gouvernement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé fait du rétablissement de la sécurité une condition essentielle de la reprise institutionnelle et de la préparation des élections. Elle vient également renforcer, sur le plan régional, les préoccupations exprimées par les autorités haïtiennes autour du renforcement des capacités nationales de sécurité.
Les 32 États signataires réaffirment leur solidarité avec le peuple haïtien et leur respect de la souveraineté, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale du pays. Ils insistent également sur la nécessité de privilégier des solutions pilotées par Haïti et coordonnées avec les Nations Unies, la CARICOM et les autres partenaires internationaux.
Pour Albert R. Ramdin, Secrétaire général de l’OEA, le renouvellement du mandat de la FRG doit surtout être accompagné de moyens réels. Personnel, financement, équipements et soutien logistique sont présentés comme indispensables pour permettre à la Force d’atteindre les résultats attendus sur le terrain.
La déclaration fixe aussi plusieurs priorités opérationnelles : soutenir la Police nationale d’Haïti et les Forces armées d’Haïti, rétablir l’autorité de l’État dans les zones contrôlées par les gangs, sécuriser l’aéroport, le port et les principaux axes de transport, protéger la population et maintenir une présence policière permanente sur les infrastructures stratégiques et les zones reprises.
« Le message de cette déclaration est clair », souligne le Représentant permanent d’Haïti auprès de l’OEA, Jean Josué Pierre, qui met en avant le renouvellement du mandat de la FRG, son déploiement intégral et le renforcement des institutions haïtiennes de sécurité.
La dimension politique demeure également présente. Les États signataires demandent que les préparatifs électoraux se poursuivent à mesure que la situation sécuritaire s’améliore, avec un appui à l’identification civile, à l’inscription des électeurs et à la logistique électorale. Ils évoquent aussi la possibilité d’une Mission d’observation électorale de l’OEA.
Cette prise de position collective fait suite à la mission de haut niveau menée en Haïti par Albert Ramdin du 16 au 19 août. Dans son rapport au Conseil permanent, le Secrétaire général avait identifié la sécurité et les élections comme deux priorités urgentes et étroitement liées.
La déclaration appelle enfin à une action renforcée contre le trafic d’armes et de munitions, les réseaux financiers et les circuits d’approvisionnement qui alimentent les gangs, tout en demandant le respect du droit international et des normes relatives aux droits de la personne.
Pour Haïti, le message porté par l’OEA associe ainsi trois exigences : des moyens sécuritaires renforcés, des institutions nationales consolidées et des conditions permettant la reprise du processus démocratique.
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