HOPE/HELP prolongée jusqu’en 2028 : le MCI mise sur une relance de l’industrie textile haïtienne
Port-au-Prince, 9 septembre 2026 — La prolongation du régime commercial préférentiel HOPE/HELP jusqu’au 31 décembre 2028 ouvre de nouvelles perspectives pour l’industrie textile haïtienne. Le ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) considère cette décision comme une occasion de renforcer les investissements, soutenir l’emploi et redynamiser les exportations vers le marché américain.
Le Sénat américain a adopté le texte le 8 août 2026, avant son approbation par la Chambre des représentants le 1er septembre. La mesure doit encore être signée par le président Donald Trump pour entrer pleinement en vigueur.
Cette prolongation intervient au terme d’une importante mobilisation des autorités haïtiennes et du secteur privé. Le ministre du Commerce et de l’Industrie, James Monazard, a activement participé au plaidoyer en faveur du renouvellement du dispositif, défendant auprès des partenaires américains l’importance de maintenir cet accès préférentiel pour l’économie haïtienne.
Le travail engagé a également réuni l’Association des Industries d’Haïti (ADIH), le Centre de Facilitation des Investissements (CFI), le ministère de l’Économie et des Finances, la Banque de la République d’Haïti et la Primature. Une délégation haïtienne s’était notamment rendue à Washington en juillet 2026 afin de soutenir une prolongation suffisamment longue pour donner aux industriels la visibilité nécessaire à leurs décisions d’investissement.
Créé en 2006 avec la loi HOPE et renforcé par la suite avec HOPE II et HELP, le régime permet à certains produits textiles et d’habillement fabriqués en Haïti de bénéficier de conditions préférentielles pour accéder au marché américain.
Pour le MCI, l’enjeu est important compte tenu du poids de cette industrie dans l’économie nationale. Avant la pandémie de Covid-19, le secteur employait directement plus de 55 000 personnes. Les femmes représentent entre 65 % et 70 % de cette main-d’œuvre, faisant du textile une source importante de revenus pour de nombreuses familles.
Les données d’exportation témoignent cependant d’une activité soumise à de fortes fluctuations. Après 37 758 tonnes exportées en 2020-2021, pour une valeur FOB de 20,87 milliards de gourdes, le secteur avait connu une forte contraction l’année suivante. Il avait ensuite enregistré un rebond spectaculaire en 2022-2023, avec 54 entreprises exportatrices actives, 41 005 tonnes exportées et une valeur FOB de 48,15 milliards de gourdes.
La tendance s’est toutefois inversée au cours des deux exercices suivants. En 2024-2025, 30 entreprises exportatrices actives avaient enregistré 18 818 tonnes d’exportations, pour une valeur FOB de 22,17 milliards de gourdes. Les difficultés sécuritaires, les perturbations logistiques et les interruptions d’activité ont notamment affecté les performances du secteur.
Le MCI estime que la prolongation de HOPE/HELP peut désormais permettre au secteur de retrouver une dynamique plus favorable. L’utilisation accrue des préférences commerciales pourrait, selon les projections présentées par le ministère, contribuer à augmenter les capacités de production et à créer jusqu’à 100 000 emplois directs, avec des retombées sur la logistique, le transport, la sous-traitance et les services.
La relance dépendra toutefois de plusieurs facteurs. L’amélioration de la sécurité dans les zones industrielles, la disponibilité de l’énergie, la formation de la main-d’œuvre, la modernisation des infrastructures et la simplification des procédures administratives seront essentielles pour attirer de nouveaux investissements.
Le MCI voit également dans les parcs industriels existants, notamment la SONAPI, Caracol et CODEVI, des espaces pouvant accueillir davantage d’activités et contribuer à l’expansion de la production destinée au marché américain.
Pour James Monazard et le ministère du Commerce et de l’Industrie, le défi est désormais de transformer la prolongation de HOPE/HELP en résultats concrets pour l’économie. L’objectif est d’attirer de nouveaux investisseurs, de consolider les entreprises déjà présentes et de favoriser la création d’emplois durables.
Après plusieurs années d’incertitude, l’échéance de décembre 2028 offre ainsi au secteur textile haïtien une nouvelle marge de manœuvre. Le MCI entend profiter de cette période pour renforcer la compétitivité de l’industrie et faire de l’accès préférentiel au marché américain un véritable levier de croissance pour Haïti.
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