Le Louverture — L'actualité Stratégique d'Haïti

Sandra Paulemon porte la voix d’Haïti pour un développement mieux financé et mieux dirigé

Washington, 15 avril 2026 — À Washington, la ministre de la Planification et de la Coopération externe, Sandra Paulemon, a clairement rappelé la ligne du gouvernement haïtien, dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé : mettre fin à une logique de coopération fragmentée et imposer un modèle plus structuré, fondé sur le leadership des États et l’efficacité réelle de l’aide, afin de produire des résultats concrets et durables pour la population.

Dans un contexte de révision des modèles de coopération internationale, Haïti a réaffirmé ses priorités au plus haut niveau des discussions mondiales sur le financement du développement. La ministre a pris part à une table ronde organisée par FP2030, en marge des réunions de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international.

Face aux partenaires techniques et financiers, Sandra Paulemon a défendu une vision centrée sur le leadership des États dans la définition, la planification et la gestion des financements du développement. Pour elle, l’enjeu dépasse la simple mobilisation des ressources : il s’agit surtout de mieux structurer leur utilisation, de renforcer leur coordination et d’assurer leur alignement sur les priorités nationales.

Elle a rappelé le rôle stratégique du Ministère de la Planification et de la Coopération externe (MPCE), chargé d’assurer la cohérence entre politiques publiques, investissements publics et appuis extérieurs. Elle plaide pour une coopération internationale plus lisible, plus prévisible et fondée sur la responsabilité partagée.

Sur le plan sectoriel, la ministre a mis en avant la situation de la planification familiale en Haïti. En 2025, environ 890 000 femmes utilisaient des méthodes contraceptives modernes, avec un taux de prévalence de 27,6 %. Toutefois, les besoins non satisfaits restent élevés, à 25,3 %, tandis que seulement 52,2 % de la demande est couverte par des méthodes modernes.

Selon les estimations de FP2030, ces efforts permettent chaque année d’éviter environ 320 000 grossesses non désirées, 87 000 avortements à risque et 620 décès maternels. Des résultats importants, mais encore fragiles.

Enfin, la ministre a insisté sur les vulnérabilités structurelles du système de santé, notamment la forte dépendance aux financements externes, leur faible prévisibilité et le poids des dépenses supportées par les ménages, qui représentaient 69,13 % des dépenses courantes de santé en 2023.

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